Le Monde de la Musique, mai 2008 
Lors de la finale du Concours international de piano d'Orléans, (...) la Française Florence Cioccolani (...), s'affirmant musicalement et techniquement, (...) établit un véritable dialogue chambriste avec les musiciens qui prennent part à l'épreuve finale de musique de chambre. Notamment dans la création de Burning, d'Edith Canat de Chizy, pour violon (Sasha Rozhdestvensky), clarinette (Florent Héau), violoncelle (Marc Coppey) et piano, formation ainsi choisie en hommage à Messiaen. Avec Florence Cioccolani, la partition prend tout son sens: incisive, énergique, éruptive.Elle remporte naturellement le premier prix".   
Jérémie Spirzglas
 
La Lettre du Musicien, 2è quinzaine de mars 2008
Florence Cioccolani, 26 ans (...), a remporté le premier prix Blanche Selva, au terme d'une semaine d'épreuves composées exclusivement de pièces du répertoire pour piano d'après 1900. Car ce qui distingue le Concours d'Orléans, porté depuis 1994 par la remarquable pianiste Françoise Thinat, c'est son attachement à la musique d'aujourd'hui; preuve encore, lors de la finale du 4 mars, la commande passée expressément pour l'occasion à la compositrice Edith Canat de Chizy. Son quatuor Burning fut ainsi joué par les trois finalistes, accompagnés des vaillants Florent Héau, clarinette, Marc Coppey, violoncelle, Sasha Rozhdestvensky, violon, qui sans faillir épousèrent avec sensibilité l'élan musical que leur proposait chaque candidat. (...) La Française Florence Cioccolani accentuera, elle, de façon bienvenue, la vivacité, le tranchant et la clarté jubilante de l'oeuvre.
"Un toucher d'une infinie délicatesse"
Le Trio de Ravel, qui constituait la seconde épreuve imposée de cette finale, allait en grande partie corroborer ces premières impressions. malgré une prestation très assurée du pianiste hollandais, Florence Cioccolani sut remporter avec une insolente facilité les suffrages d'un Carré Saint-Vincent comble et attentif. Dotée d'un toucher d'une infinie délicatesse, la jeune pianiste française sut entraîner ses brillants partenaires et sertir du plus pudique des écrins les sortilèges du trio ravélien. Poussant la partition vers un romantisme clair et nerveux, elle réussit à faire surgir l'émotion et proposa un magnifique moment de musique de chambre. La décision du jury paraît réellement incontestable, et l'on attend désormais de réentendre Florence Cioccolani qui s'annonce comme une interprète des plus sensibles de la musique française.
  Aude Belloy
  
 Concertclassic.com, 4 mars 2008
 Poésie et sens du dialogue : telles sont les qualités premières qui se dégagent de la prestation de Florence Cioccolani(1) lors de la finale du 8ème Concours d’Orléans, suivie par un public très nombreux comme toujours.
(...) Dans Burning, le quatuor pour clarinette, violon, violoncelle et piano composé spécialement pour Orléans par Edith Canat de Chizy, elle s’intègre avec intelligence et musicalité. Et tel est bien le défi principal d’une composition dont la partie piano ne présente pas en tant que telle d’enjeu particulier. Avec ses partenaires Florent Héau, Sasha Rozhdestvensky et Marc Coppey, Florence Cioccolani souligne le foisonnement d’une réalisation où la finesse et la luminosité de son toucher font merveille.
 
Le bonheur du dialogue (...) devient palpable, là aussi bien que dans l’autre partition imposée : Le Trio de Maurice Ravel. Une belle complicité poétique s’y établit entre les deux archets et une pianiste dont le chatoiement du timbre et la précision rythmique concourent à un résultat stylistiquement très convaincant. On a encore en mémoire le commencement de la Passacaille ; la manière dont le violoncelle de Marc Coppey est venu rejoindre le
chant du
piano – un moment d’une grande intensité.
  Alain Cochard

 
 
 Rosenfinger.com
The beautiful chamber concert hall of the Teatro La Fenice in Venice hosted Monday October 20th 2008 a concert of a young French pianist, Florence Cioccolani, winner of the 8th International Competition of Orléans in 2008.
In the intense programme without break she proposed firstly Schumann’s Davidsbündler, which allowed her to show her musical completeness; she is specialist of the modern repertoire, having got the prize of a Competition with exclusive 20th century and modern programmes, but she reveals interpretative originality in romantic and classical works too (like first time of Beethoven’s Moonlight, played as bis). Schumann’s compositional modernity assures a perfect link to the 20th century pieces, Florence Cioccolani’s dynamic construction and formal sense are wonderful in the Preludes of Debussy, La Cathédrale engloutie and Feux d’artifice, and her mastery in managing the complex aleatory sequences of the Etudes d’après Pirsanèse by Boucourechliev is astonishing, as well as her taste in recreating an everchanging musical structure. Beautiful surprise these works by a French-Bulgarian composer whose piano writing is very effective.
For this really deserving artist and this not easy programme public’s interest and appreciation were very great
 
A.v.B. for rosenfinger.com

 

ConcertoNet.com
Florence Cioccolani débute par le Nocturne (1959) de Barber: histoire de montrer que les musiques jouées dans le cadre du concours ne sont pas nécessairement atonales? Voire, car le compositeur, par ailleurs auteur d’une remarquable Sonate, semble s’ingénier dans cet «Hommage à John Field» à détourner tous les canons du genre (arpèges de la main gauche, volutes de la main droite, élans romantiques) par une incessante ambiguïté tonale. Le contraste n’en est pas moins total avec deux courtes pages de Carter, créées respectivement par Peter Serkin et Pierre-Laurent Aimard: Intermittences (2005), succession rapide de phases heurtées, volubiles et pensives, dont la pianiste exploite toute la dimension physique et expressive, puis Caténaires (2006), diabolique et fascinante toccata écrite par un quasi-centenaire.
Simon Corley
 
 
La République du Centre
 
Piano contemporain au Théâtre d'Orléans, lave musicale en fusion
Jean-Dominique Burtin
 
Soirée d'exception, mardi, en la salle Barrault qui accueille trois lauréats du Concours international de piano d'Orléans voué à la musique des XXe et XXIe siècles.
Lever de rideau avec Florence Cioccolani qui donne trois pièces brèves, poèmes musicaux oniriques dont un « Nocturne », de Barber, et de vertigineuses « Caténaires », d'Elliott Carter. À cette artiste se mettant au service de lumineuses fulgurances, succède Toros Can dans William Albright, puis « Abstra », oeuvre pour bande et piano de Garrett Byrnes, compositeur présent dans la salle. Toros Can est ici éblouissant, forgeant le grave et semblant épeler du bout des doigts, dans le médium et l'aigu, des notes d'une pureté infinie. Place ici au fracas de la machine, à la lave musicale en fusion, à la fragilité de l'être sortant de cette traversée. De Carlos Sandoval Mendoza, également présent parmi les 300 spectateurs, Wilhem Latchoumia interprète, avant deux pièces de Villa- Lobos flamboyantes de sensibilité, un « PfMd-01 » pour bande et piano. Retour enfin de Florence Cioccolani faisant montre d'une mélancolie étourdissante dans une oeuvre de Crumb « Eine Kleine Mitternachtmusik ». Variation puissante et d'une délicatesse à couper le souffle sur « Round midnight », thème de Thelonius Monk. Un délice.
 
Publié le 19 mars 2009 - 10:36
 
Le MONDE
Avec son visage de fée et son corps tendu dans une étoffe moulante, Florence Cioccolani a l'allure d'une gymnaste lorsqu'elle se présente, lundi 16 mars, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, pour le concert des lauréats du concours international d'Orléans.
Son tremplin est un piano et ses barres asymétriques un Nocturne de Samuel Barber, qu'il faut dompter avec une main vers Chopin et l'autre vers Messiaen ! Après cette curiosité servie tendrement mais sans chichis, Florence Cioccolani affiche une prodigieuse maîtrise d'énergie dans Intermittences et Caténaires, d'
Elliott Carter, deux pièces publiées en 2008, à l'occasion du centième anniversaire du compositeur américain. Tout y est : toucher, punch, ivresse. Avec Cioccolani et Carter, le piano semble sorti indemne d'un siècle de piques (on grattait les cordes) et de coups bas (on écrasait le clavier avec l'avant-bras). En fin de concert, la jeune Française témoignera de telles expériences avec Eine kleine Mitternachtmusik, de George Crumb. Entre-temps, Toros Can et
Wilhem Latchoumia auront montré quel bel avenir d'artiste aventureuse est promis à Florence Cioccolani. Comme elle (lauréate en 2008), l'un et l'autre sont d'anciens vainqueurs de la compétition.
 Pierre Gervasoni
 Le Républicain Lorrain 
Le récital de Florence Cioccolani, lauréate du Concours international de piano d'Orléans 2008, a révélé, au premier rendez-vous de la saison du Festival Jeunes Talents à L'Arsenal de Metz, une artiste au jeu techniquement irréprochable, au toucher tout en légèreté mais aussi en force,(…). Elle a démontré ses qualités d'abord dans les Davidsbündlertänze de l'opus 6 de Robert Schumann. Evitant les nébulosités faussement romantiques que l'on a tendance à cultiver, elle canalise pudiquement chacune des dix-huit danses avec l'assurance d'un doigté limpide et furtif. Elle en fait des miniatures scrupuleusement ciselées dans un tempo bien mesuré, tout en tempérant les velléités conquérantes d'un Wild und Lustig au final. Plus charnues et colorées furent ensuite les Danses de Marosszek de Kodaly que l'on joue plus volontiers dans leur version orchestrée et dans lesquelles la pianiste dégage les influences folkloriques en typant davantage les couplets vifs et la pastorale centrale.
Son approche plus en délicatesse de Debussy justifiait l'articulation tout en contrastes de son programme. Florence Cioccolani avait choisi cinq parmi les vingt-quatre Préludes qu'elle puisa dans les Livres I et II, où l'on retrouvait toute la liquidité des phrasés de l'interprète dosant au milligramme sonore près, les Voiles, caressantes, et les Brouillards, feutrés, avant Ce qu'a vu le Vent d'Ouest, au souffle arachnéen. (…), mais ces mains effleurant le clavier s'y enfonçaient cette fois sans lourdeur dans La Cathédrale engloutie, comme dans Feux d'artifice desquels l'artiste sut dégager l'intemporelle poésie. On l'attendait dans les redoutables Six Etudes d'après Piranèse d'André Boucourechliev où l'auditeur est invité à se perdre dans les labyrinthes sonores que lui inspira le graveur romain. C'est une autre face interprétative que Florence démontrait au travers de cette pièce redoutable aux extravagants arpèges, aux balayages de clavier, aux lames de fond et aux trajectoires de feu. Du piano orchestral manifestement ! Metz avait eu l'honneur d'assurer la création mondiale de ces Six Etudes aux Rencontres Internationales de musique contemporaine de novembre 1975, sous les doigts du pianiste allemand Herbert Henck, un émule des frères Kontarski. Notre jeune pianiste française relevait donc le gant en servant brillamment cette oeuvre ainsi jouée pour la seconde fois à Metz après l'avoir été à maintes reprises à travers le monde.
 Georges MASSON.
 Publié le 21/11/2008

 

la contemplation de l'éternité
dans le mouvement de la vie